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Cinéma africain ou les cinémas d'Afrique ?

Dernière mise à jour : 1 juin

Faut-il dire le cinéma africain, ou plutôt les cinémas d’Afrique ?

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La question, en apparence anodine, cristallise depuis longtemps des débats passionnés au sein des milieux cinématographiques du continent.

Le terme « cinéma africain » a ceci de particulier qu’il semble à la fois trop vaste et trop étroit. Il embrasse un territoire immense, aux langues, cultures, histoires et sensibilités multiples, tout en laissant entendre une certaine unité parfois illusoire, parfois nécessaire.

Face à cette appellation, trois postures se dessinent avec netteté.

Il y a d’abord ceux qui l’acceptent sans réserve, estimant qu’il est naturel et même légitime de parler de cinéma africain lorsqu’un film est réalisé par un cinéaste du continent, tourné en Afrique, joué par des comédiens africains, et nourri des réalités locales. 

À l’opposé, ceux qui la rejettent avec vigueur. Pour eux, « cinéma africain » est une formule paresseuse, une étiquette qui gomme les différences, dilue les identités nationales, et perpétue une vision monolithique de l’Afrique. Peut-on vraiment parler d’un seul cinéma quand on pense à la rigueur d’un Mahamat-Saleh Haroun, à la tendresse d’un Alain Gomis ou à la fantaisie d’un Jean-Pierre Bekolo ?

Et puis, il y a les indifférents. Ceux qui refusent de se perdre dans des querelles sémantiques. Pour eux, le vrai combat est ailleurs : dans l’accès aux financements, dans la distribution des œuvres, dans la formation des professionnels. Nommer, oui mais agir, surtout.

Alors, au fond, que vaut ce mot, cinéma africain ? Est-il trop lourd de significations ? Ou au contraire, trop léger pour porter tant de réalités ? Peut-être est-ce un raccourci utile, un point de départ, à condition de ne pas s’y arrêter.

Nommer, ce n’est jamais anodin. Mais faut-il pour autant craindre les raccourcis si ceux-ci ouvrent vers la nuance, plutôt que la refermer ? Peut-être que le vrai enjeu n’est pas tant de dire le cinéma africain, que de raconter les histoires d’Afrique, dans toute leur complexité.

Néanmoins, n’est-il pas plus judicieux et plus juste d’utiliser le terme cinéma africain dans la mesure où, l’on parle d’un cinéaste originaire d’un pays d’Afrique, qui réalise son œuvre en Afrique, dont les acteurs principaux sont africains, et dont le sujet du film porte sur la vie culturelle de son pays ? 

N’est-il pas plus simple et plus facile de désigner tout ce méli-mélo par ce terme de « cinéma africain » ? Un raccourci clair et concis qui englobe l’essentiel, à savoir un film réalisé par un cinéaste d’origine Africaine.

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