Bal Poussière : Henri Duparc

Un cinéaste avant-gardiste, qui explore les névroses de nos sociétés par l’humour...


Á mon humble avis, Henri Duparc, fait partie de ces cinéastes africains qui ont réussi à marquer, de façon indélébile leur époque, en ne comptabilisant qu’une douzaine de chefs-d’œuvre à son actif.


Avec une filmographie aussi riche que variée, le cinéaste a su imposer un style narratif propre à son cinéma, le tout surplombé d’un humour grinçant, voire même décalé. « Ne manie pas l’humour qui veut » disait-il. Dans le paysage cinématographique africain, rares sont les cinéastes qui manient si bien l’humour sans prendre le risque de tourner leur œuvre à la dérision. Henri Duparc, lui, le pouvait, car, il avait une parfaite connaissance de son public. Ce public africain, pour lequel il faisait des films.


Dans Bal Poussière, le cinéaste explore cet autre thème, qu’est la polygamie. Ici, le réalisateur introduit le spectateur auprès d’un riche paysan, Alkali, surnommé « Demi-Dieu » car après Dieu, dans ce village-là, c’est lui.

Alkali, est un Demi-Dieu à qui l’on ne refuse jamais rien. Il a déjà 5 femmes mais, il désir épouser Binta, une jeune femme, dont l’oncle vient de renvoyer de la Ville, à cause de ses sorties nocturnes répétitives et, de son attitude insolente. Rien y fait, Demi-Dieu a décidé. Il veut prendre Binta pour 6ème épouse, alors que la religion n’autorise que 4 épouses... N’est-il pas un Demi-Dieu ?


Un Demi-Dieu qui ignore le passé sulfureux de celle qu’il désir, ET, surtout un Demi-Dieu, qui ne sait pas prédire l’avenir car, Binta n’est pas une femme comme les autres, et elle ne va pas tarder à le lui faire savoir…


Ce film de 1988, tourné en décor naturel, récompensé par des prix internationaux, donne à voir un film avec un rythme super calibré tout en étant drôle. Une prouesse accompli grâce à un jeu d’acteur fluide et crédible à la fois. Ceci a permis de mettre en lumière des comédiens vraiment talentueux, remarquables à l’instar de Tchelley Hanni, qui joue le rôle de Binta et Bakary Bamba dans le rôle d’Alkali (Demi-Dieu), mais aussi, d’autres grands noms du cinéma africain tels que, Akissi Delta, Naky Sy Savané… des rôles de femmes taillés sur mesure. Pour moi, Bal Poussière est une ode à la femme.


Je dirai qu’Henri Duparc, était, de loin, un avant-gardiste, notamment, sur la condition féminine, un thème si cher à son cœur.

Avec des répliques qui resterons à jamais gravées dans la conscience collective, il réussit, une fois de plus, à peindre et, nous faire plonger dans les névroses de nos sociétés, toujours, à travers le prisme de la comédie.



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